Quelque chose manque à l’appel…
Ou quelqu’un…
Fichu mois de mai…
Iron and Wine, Upward over the mountain.
Quelque chose manque à l’appel…
Ou quelqu’un…
Fichu mois de mai…
Iron and Wine, Upward over the mountain.
Il y a des gens qui n’ont pas besoin de parler sur scène.
Il y a des gens dont la présence magnétique suffit à capter l’auditoire.
Il y a des gens qui sont grands par leur discrétion et leur humilité.
L’alliance de la guitare de Tessot-Gay, de l’oud et de la voix de Khaled Al Jaramani est incroyablement forte, touchante, hypnotique et captivante.
Un concert tout en douceur, des regards entre les musiciens qui en disent long sur leur amitié et leur complicité. Le plaisir simple mais intense de jouer ensemble.
Et dans le public, on se dit que nous sommes bien chanceux d’assister à une telle rencontre entre deux talents si exceptionnels.
Un concert à ne pas louper, surtout dans l’ambiance intimiste d’une petite salle…
Courir en cercle. Avancer en reculant.
Emprunter le même chemin encore et encore, sans jamais en voir la fin.
Y voir du gris, du noir, parfois du blanc.
Y chercher du jaune, du vert et du rouge, un mélange.
Y chercher la sérénité, y trouver la colère et la tristesse.
Ne pas savoir comment faire, mais ne pas s’arrêter.
Surtout ne pas s’arrêter, par peur de tomber et ne jamais se relever.
Ne jamais se relever…
Celle qu’on ne voit pas.
Celle qu’on oublie.
Sans arrière-pensée, sans malveillance.
Juste parce qu’elle fait partie du paysage, parce qu’elle ne s’offusque pas, parce qu’elle fait comme si ça ne la touchait pas, parce qu’elle se dit que ce n’est pas trop grave même si ça déchire à l’intérieur…
Comment faire comprendre aux gens que les seconds plans sur les tableaux sont toujours plus riches que les premiers ?
Comment passer, de temps en temps, sur le premier plan de la photo ?
Comment lui faire comprendre à lui, à elle et à eux ?
Etre quelqu’un d’autre, juste un instant.
Celle qu’on voit.
Celle qu’on n’oublie pas…
Source : Spotify
Avancer.
Essayer.
Réussir.
Reculer. Une fois, deux fois, trois fois.
Reprendre la marche.
Continuer.
Ne jamais contourner l’obstacle, il revient, toujours.
Plus fort, plus difficile, plus violent.
Penser réussir et comprendre au détour d’une rue, d’une terrasse, que ce qu’on croyait avoir surmonté est toujours là. Moins présent mais encore là. La tristesse et la douleur te tombent dessus.
Pour combien de temps encore?
J’ai tout essayé, j’ai pas trouvé le sens
J’ai cherché dans la rue, j’ai écrit, j’ai aimé
J’ai voyagé, j’ai cru nier des évidences
J’ai nagé nu mais désolé j’ai pas trouvé le sens
J’ai pas trouvé le sens.
J’ai pas envie d’sauter, j’ai pas envie d’une balle
Je préfère exister même si c’est pour que dalle
J’aime bien respirer j’aime bien me sentir sale
J’aime avoir de la chance et me faire embrasser
Mais bien sûr si j’y pense tout ça n’a pas grand sens
Mais bien sûr si j’y pense.
Aujourd’hui, braderie : j’offre tout ce que j’ai
Je donne tous mes objets mes souvenirs aussi
Contre un sens à ma vie
Même un qui a fait son temps
Même un peu décevant
Même que pour des vacances
Même que pour le temps du’une danse
Même que pour le temps d’une danse.
J’ai tout essayé j’ai pas trouvé le sens
On dit que pour beaucoup c’est la même béance
En ont-ils tous conscience tout le temps ou par à coups?
Peut-être fallait-il le commander à la naissance
Avec un peu de chance
Nos parents y auront pensé pour nous.
Il y a peut-être encore un sens qui attend que j’aille le chercher
Sagement à la maternité
Un qui a son box aux urgences
Peut-être ne-suis pas-je né
Peut-être ne suis-je qu’absence
Temps que ne m’est pas donné le sens
Temps que ne m’est pas donné le sens
Parce que je suis allé l’écouter mercredi soir.
Parce qu’il a fait un concert magnifique de plus de deux heures.
Parce que j’aime la façon de danser de son bassiste et l’énergie de son guitariste.
Parce que le set était parfait, aussi bien dans le choix des chansons que dans ce qu’il transmet au public entre chaque.
Parce que le noir lui va vraiment bien.
Parce qu’il a une classe folle et que sa façon de danser est belle, comme un danseur de tango.
Parce qu’il a écrit “ce geste absent”, “le courage des oiseaux”, “par les lueurs”, “pour la peau”, “le convoi” et tellement d’autres.
Parce que “le métier de faussaire” est magnifique.
Parce que… Un point c’est tout
Chabouté a encore frappé.
A chaque fois, je me dis que ça ne fonctionnera pas. Il ne peut pas raconter un truc aussi insignifiant et nous donner envie de tourner les pages, aussi beau son dessin fut-il.
Déjà, le gardien de phare qui vit “tout seul”, à qui il n’arrive rien, tu te dis que ça ne suffit pas pour faire un récit. Première erreur.
Quoi? Il a recommencé ? Ah non, cette fois, il a fait pire, il dessine un banc public. Pas de dialogue. Le personnage principal de la Bd est un BANC PUBLIC. Oui, à d’autres, comme si ça pouvait être intéressant. Seconde erreur.
Un banc public voit passer des gens différents tous les jours. Des habitués, des gens de passage, les travailleurs du parc.
Des enfants, des adultes, des adolescents, des vieux. De la joie, des larmes, du désespoir, de l’envie, du désir, de la peur, de la résignation, de la tristesse, du doute, de la joie.
Tout ça sans paroles, juste en suivant le ballet de ces gens qui ne se bécotent pas forcément sur le banc public. Et tu tournes les pages parce que tu espères que le SDF ne reviendra plus sur ce banc pour se faire jeter, parce que tu veux continuer à voir les deux vieux amoureux partager le même gâteau, parce que tu te demandes si un de ces enfants ne va pas finir par abîmer le banc.
Il y a des auteurs qui en disent beaucoup sur les gens sans leur donner la parole. Il y a des auteurs talentueux. Chabouté est de ceux-là…
Respect, j’ai lu et beaucoup aimé une bd qui parle d’un banc…